Le monde du logiciel, voire même de
l'informatique a toujours connu son lot de prosélytes : des gens
persuadés que leur solution était la meilleure et que les autres ont
évidemment tord de ne pas choisir la leur. Dans le monde des
distributions GNU/Linux, les vagues de mode ont portés sur leur passage
Slackware, Red Hat, Mandriva, Gentoo et maintenant bien sûr, la-distribution-dont-je-ne-citerais-pas-le-nom (appelons-là Prosélix).
Ces modes ont généralement été entièrement justifiées : Slackware était
techniquement la meilleure distribution du moment, Red Hat a apporté un
système de gestion de package (RPM), Mandriva a accentué les efforts
sur l'utilisation de Linux en tant que bureau (notamment avec KDE),
Gentoo a apporté une autre vision d'un Linux pour amateurs de
perfectionnisme.
Que ces modes soient passées ne signifie pas pour autant que ces
distributions ont stagnées, voire disparues. Leurs qualités techniques
restent et elles offrent toujours autant à leurs utilisateurs une
expérience particulière et enrichissante. La richesse du monde
GNU/Linux est justement cette diversité, que je défendrais toujours.
Pourquoi défendre la diversité des distributions ?
- Chacune essaye d'innover, proposant à l'utilisateur lambda des solutions toutes différentes. Si Fedora/Red Hat était la seule distribution, nous aurions un très mauvais KDE (voire plus du tout de KDE) et SeLinux par exemple sans autre choix disponible.
- Chaque distribution a des affinités particulières. Debian par exemple propose un contrat social unique pour garantir à ses utilisateurs la meilleure expérience possible sur du long terme.
- Chaque distribution a une histoire, une origine culturelle. Mandriva est par exemple issue de Mandrake (Française), de Connectiva (Brésilienne) et de Lycoris (US). Elle est le seul exemple d'OS principalement développé en France, avec des développeurs français. Certains considèreront cet exemple comme chauvin et je l'assume. Ce sont aussi des personnes que vous pouvez rencontrer dans la vraie vie (et oui, ils existent réellement !).
D'autres raisons existent bien sûr : la fidélité à la distribution qui nous a fait franchir le pas, la hantise des monopoles, etc...
Et quel est le rapport avec Prosélix ?
Cette diversité est vécue par certains comme la raison de l'échec de
Linux en terme de notoriété, et de part de marché. Prosélix a réussi à
réunir dans sa communauté l'intégralité des commerciaux obsédés par le succès
. Leur ambition : faire oublier le mot Linux dans l'imaginaire collectif et le remplacer par Prosélix.
Ils se sont ainsi lancer dans tous les abus possibles : spam de mailing
list, spam de forums, appuyés par la maison-mère, elle aussi en quête
de monopole. Pour cela, elle en a les moyens : disposant d'une
trésorerie qui la rend à l'abri du besoin, elle peut se permettre
d'appuyer l'écrasement des autres distributions par des moyens dignes
de la concurrence déloyale. L'envoi des CDs par lot de 10 gratuitement
pour pouvoir spammer dans la rue ? Pas de problème...
Et le rapport avec le titre ?
Les hooligans des temps modernes supporteurs de Prosélix
ont tenté de faire croire à une utopie qui n'est pas, par définition,
pas atteignable. Leur situation, d'après moi, n'est pas tenable sur le
long terme, et les critiques qui apparaissent récemment ne peuvent que se multiplier.
Les autres distributions doivent elles trouver un moyen de survivre le
temps de cette mode. RedHat profite de sa réputation dans l'entreprise,
Novell/SUSE de son accord avec Microsoft, Slackware de la fidélité de
ses utilisateurs. La plus affectée est bien sûr Mandriva : deux-trois
mauvaises décisions et les utilisateurs sont allés voir ailleurs si
l'herbe était plus verte, et restent généralement sur la dernière
impression sans chercher à la renouveler.
Avec une communication qui s'améliore et un produit de très bonne
qualité, elle a le potentiel d'inverser la tendance. Qu'en pensez-vous ?
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